Follow the NWC on Twitter!Follow the NWC on Facebook!
Une ONG américaine demande la grâce de Bradley Birkenfeld
27 novembre 2009 Par François Pilet Pourquoi le seul condamné de l'affaire UBS est-il un citoyen des Etats-Unis, se demandent les médias américains.

La seule personne condamnée à une peine de prison ferme dans l'affaire UBS n'est pas seulement le témoin à l'origine du scandale, c'est aussi un citoyen américain. Même s'il n'est jamais évoqué aussi directement, ce constat s'insinue dans les critiques des médias américains et de certaines ONG qui s'élèvent contre le traitement réservé à Bradley Birkenfeld, l'ex-banquier passé aux aveux.

Un groupement de défense des lanceurs d'alerte, le National Whistleblower Center (NWC), a adressé mercredi une lettre ouverte au ministre de la Justice, Eric Holder, pour demander qu'une commission indépendante se penche sur le cas de Brad Birkenfeld. Le texte dénonce une sentence qui risque de «saper les efforts des autorités dans leur lutte contre les pratiques bancaires illégales». Selon Jesselyn Radack, avocate et responsable d'une association de lutte contre la corruption, plusieurs whistleblowers auraient renoncé à se présenter devant la justice ces derniers mois suite à la condamnation de Brad­ley Birkenfeld.

Le système judiciaire américain peut accorder une immunité aux personnes dénonçants des activités illicites dont ils ont été témoins ou des acteurs secondaires. Bradley Birkenfeld s'était vu refuser ce droit et condamné à 40 mois de prison en août dernier par un tribunal de Floride. Le Département de la justice avait estimé que le repenti avait cherché à cacher certains faits concernant sa propre implication à un cas de fraude fiscale.

Traitements différents

La sentence prononcée contre Bradley Birkenfeld choque aux Etats-Unis d'autant plus que son ancien chef, Martin Liechti, avait été détenu plusieurs mois à Miami lors de l'enquête avant d'être libéré sans suites. Selon un proche du dossier, celui-ci aurait donné Raoul Weil, son supérieur et membre de la direction générale, inculpé quelques semaines plus tard. Jessely Radack dit ne «pas comprendre» comment le Département de la justice a pu choisir «d'accorder l'immunité à un cadre d'UBS pour le laisser rentrer en Suisse et condamner le citoyen américain, celui-là même qui a donné accès aux autorités à tout le dossier contre la banque sur un plateau d'argent».

L'intervention du National Whistleblower Center fait suite à une série d'articles parus dans le Wall Street Journal et dans le magazine Time qui s'interrogent sur les raisons de la fermeté de la justice envers son principal témoin et sa bienveillance envers un acteur comme Martin Liechti. Pour Adam Zagorin, responsable du bureau de Washington du magazine, «il est frappant d'observer les traitements très différents réservés à des gens qui participaient à la même entreprise criminelle».

 Le Temps © 2009 Le Temps SA
pdf of article.